Tout projet raconte une histoire : l’expérience sensorielle en architecture

« L’architecture est jugée par les yeux qui voient, par la tête qui tourne, par les jambes qui marchent. L’architecture n’est pas un phénomène synchronique, mais successif, fait de spectacles s’ajoutant les uns aux autres et se suivant dans le temps et l’espace, comme d’ailleurs le fait la musique ».

Le Corbusier. Le Modulor. éd. L’Architecture d’Aujourd’hui, 1983

Le parcours et les circulations ont toujours été exprimés dans la pratique de conception architecturale. Les architectes utilisent très fréquemment les plans des circulations comme langage pour exprimer le chemin que le public pourra suivre dans le futur projet. Peu importe où nous sommes, l’architecture a toujours un lien avec l’être humain, ne serait-ce que par son rapport à l’échelle qui évoque diverses dimensions sensorielles.

La volumétrie

Dans le parcours vers la forêt, les différences de hauteur des panneaux bordant le chemin crée une sensation de discontinuité et rappelle la différence entre les arbres arborant le chemin.

La sensation de grandeur et d’ouverture sur l’extérieur est créée par la plateforme en bois. Cette dernière étant ouverte sur trois côté, tournée vers la forêt, amène cette sensation de plongée dans la nature grâce à ce toit sur-dimensionné.

Dans le parcours pour aller vers l’école, les différentes dimensions des jeux positionnés dans une longue ruelle donnent la sensations d’envergure.

La variété volumique des articles architecturaux propose une sensation envoûtante, voire même grandiose. Les perceptions et sensations diffèrent d’une personne à une autre face à la volumétrie du paysage qui définit un lieu ou un espace.

L’ombre et la lumière

Les deux projets sont en extérieur et sont particulièrement appréciable en journée.

Les panneaux imprimés du parcours en forêt laissent passer la lumière naturelle, celle-ci étant jouer principalement par les arbres bordant ce chemin. Les jeux d’ombre et de lumière sont ainsi quasiment inchangés.

Sur le parcours vers l’école, la lumière naturelle est là aussi inchangée. Dans ces deux projets, seule la lumière naturelle est présente et il est choisi de ne pas l’obstruer pour que le spectateur profite pleinement de cet esprit lié à l’espace extérieur.

Un espace a donc une dimension particulière selon l’éclairage naturel ou artificiel. Le jeu d’ombres et de lumières permet de rehausser l’ambiance, le caractère et la profondeur d’un lieu.

Jeux de matières, de textures et de couleurs

Le projet en forêt préfère jouer de différents bois pour en varier la composition mais aussi donner du relief à la structure. L’utilisation subtile du bois plonge d’autant plus l’utilisateur dans la nature environnante.

Dans le parcours vers l’école, les matières, textures et couleurs sont les points forts du projet. Ainsi, les jeux 2D ou 3D sont colorés et de différents volumes pour attirer les enfants vers eux. La sensation de gaieté et de jeu sont aussi un leur pour mettre en avant une dimension pédagogique des jeux pour l’enfant.

L’ensemble de ces dimensions influencent la vision de l’espace et charme l’oeil pour attirer celui du spectateur à l’endroit voulu. Par leurs jeux, elles s’entrecroisent et viennent accentuer et compléter les autres dimensions.

L’environnement

La bonne intégration du projet dans son environnement permet la mise en valeur de toutes ses dimensions. L’expérience en est alors ultime. Pour tous les projets, la perception est différente selon l’espace environnant.

Retrouvez sur cette page un excellent dossier sur l’expérience sensorielle en architecture.